Hellsing" I'm Hermes. I became tamed by devouring my own wings. "Des vampires, des mort-vivants et des guns. Et pourtant, ce n'est pas un jeu vidéo...
Londres, de nos jours. Depuis des centaines d'années, les vampires sont là, dans l'ombre de la société, agissant à l'insu de la très grande majorité de la population. Parallèlement, les formations religieuses protestantes et catholiques - rivales de longue date - se sont mobilisées pour lutter contre ces "non-humains" et ont formées des organisations spéciales. Sir Integral Hellsing est l'héritière de l'organisation protestante qui porte son nom et sous laquelle agit un dénommé Alucard, vampire redouté, voué à la défense des humains et de Hellsing.
Les mort-vivants ne sont plus ce qu'ils étaient, et la recrudescence des vampires "bas de gamme" l'agace. Au cours d'une mission contre un autre vampire, qui officiait comme prêtre (sic) dans un village, il blesse mortellement une jeune recrue de police à qui il propose de devenir elle-même vampire. Victoria Celes accepte, ne réalisant pas encore ce que devenir "non-humain" signifie. Ainsi l'histoire se met en place, les ghoules prolifèrent et quelqu'un en tire les ficelles, la question étant de trouver qui. Puis intervient un autre personnage, le Père Alexander Anderson, à la solde du Vatican, un exterminateur de vampires psychotique, qui s'en prendra naturellement à Alucard et Celes, peu soucieux de raviver les vieilles querelles religieuses.
Voilà une série qui reprend un thème classique de la littérature fantastique, finalement pas si courant dans les manga, mais davantage dans les jeux vidéo. Disons, pour schématiser à l'extrême, qu'on retrouve un peu la symbolique et l'atmosphère d'un Akumajô Dracula (Castlevania) et l'action des Biohazard (Resident Evil). Mais cela ne résume en rien Hellsing, car pour se démarquer et pour s'affirmer dans son style à la fois baroque et gothique, le style graphique emprunte plusieurs éléments aux comics, notamment dans le traitement des ombres et des contrastes personnages/décors (Alucard devant un ciel nocturne rouge). L'idée est plutôt convaincante et crée une ambiance action/fantastique réussie. Le character design est d'assez bonne qualité ; pour Alucard (et les autres vampires d'ailleurs), on oublie le style romantique/XIXe de Castlevania. Il incarne quelque chose de plus nuancé, à la fois charismatique et repoussant, jouant sur l'ambiguïté de son rôle (un vampire défenseur des humains) ; le design de Victoria est beaucoup plus classique. Avec son uniforme, elle rappellera inévitablement Biohazard ; l'utilisation des petites lunettes rondes sur plusieurs personnages (Alucard, Integral et Anderson) a un petit effet " Trigun " pas déplaisant du tout.
En ce qui concerne l'animation, c'est un peu décevant car inégal. Si par exemple le premier épisode est en gros assez réussi, il n'en va pas forcément de même pour d'autres. Tout dépend du type de scènes. Ce sont surtout les scènes d'action qui manquent de punch et de rythme, et la démarche des personnages fait parfois peine à voir. Et c'est assez dommage, car un anime qui s'appuie autant sur le style graphique aurait nécessité un meilleur traitement des mouvements mais aussi de la mise en scène. Certaines scènes d'action sont un peu trop courtes, on reste sur sa faim, et certaines attaques d'Alucard (quand il transperce les ghoules de son bras) manquent de "classe". Il en va de même pour la mise en scène générale, où l'on a un peu l'impression que les épisodes manquent de développement (cependant, c'est vrai qu'en 13 épisodes, on n'a guère le temps de développer). Dernier point négatif, les réactions des personnages (et les dialogues, qui en sont l'écho) sont un peu trop "entières" et caractérisées, ce qui gâche les nuances apportées par le character design. Au final, les personnages nous apparaissent moins intéressants que ce à quoi on s'attendait, à cause de leurs personnalités trop caricaturales.
Tous ces défauts sont assez regrettables, car l'anime possède un bande-son de qualité pour appuyer l'action (le générique annonce d'entrée la couleur) : des musiques d'ambiance bien adaptées, des morceaux plus rock aux tonalités ambiguës et des passages un peu "gothiques". Les apparitions de Père Anderson sont remarquables - peut-être les meilleurs passages - et relancent grandement l'intérêt de l'ensemble, parfois un peu décousu. Hellsing, dans le principe, est une bonne série, mais malheureusement, l'animation trop pauvre gâche beaucoup, alliée à une mise en scène discutable et à un manque de finesse dans les personnages, elle n'en est qu'une série "pas mal". Dommage.